|     |   06 08 24 86 61   |   09 72 54 69 88   |   du lundi au vendredi de 9h à 18h

Un an de Linux en production : le bilan est positif

Quitter Windows pour Linux, c'est le bonheur total

Ma relation avec Linux : une espèce de « Je t'aime moi non plus »

Je suis un adepte des logiciels libres depuis presque vingt ans. Lorsqu'en 1996 (oui, c'était au siècle dernier), alors que je préparais ma maîtrise de Lettres sur Artaud, j'ai eu mon premier ordinateur (un pentium 80Mhz, tu vois le truc, un peu...), avec Windows 3.1 dessus (ça nous rajeunit pas), je me suis intéressé très vite à des systèmes alternatifs non propriétaires comme Linux. Je n'aimais pas l'idée que l'on puisse me dicter ce que je devais installer sur mon PC.

J'ai donc tout de suite tenté le double boot windows/linux avec lilo (grub n'était pas encore au point). J'ai bidouillé, installé des versions console. Je venais du Dos, et le shell Linux était surpuissant à côté. Et puis il y a eu très vite en 1997 les premières install graphiques de la Red Hat 2.3 et la Mandrake 3.2. Une révolution ! Ça promettait.

Et Windows 95 s'est démocratisé, a révolutionné l'OS multitâches en mode fenêtré, et j'ai pour des questions de facilité petit à petit laissé tomber Linux en tant que système primaire sur mes bécanes. Oh, je tentais régulièrement des install, j'avais tout le temps un double boot sur mes PC, mais pour le développement web, j'étais passé sous Windows à temps plein.

Pourtant, je les essayais toutes, les Slackware, Gentoo, Debian, Suze, etc., sur mon double boot...

Mon cœur balançait régulièrement entre le système rpm de Red Hat et de Mandrake et le système des paquets Debian. Apt avait ma préférence dans la gestion des dépendances…

Bref, tout ça pour dire que Linux c'était chasse gardée pour ma personnalité geek du dimanche, et que Windows, assez évidemment, s'est imposé pour la production de sites internet, puisque 98 % des gens, au début des années 2000, qui possédaient un PC sous Windows utilisaient forcément Internet Explorer pour leur navigation sur le web.
Je faisais partie des quelques réfractaires qui utilisaient Netscape pour la navigation perso, et plus tard Mozilla, cet ancêtre lourdingue de Firefox et qui réservaient IE pour le testing du rendu visuel des sites développés.

J'ai donc, comme beaucoup de développeurs, codé pour IE avant de coder pour le W3C.

Mes débuts se sont faits sous Dreamweaver qui faisait la part belle au code imbriqué dans les balises, une abjecte pratique, on peut le dire. Or, très vite, en 2003-2004, les premier pas du css ont attiré mon attention. La mise en cache, les classes, le javascript qui pouvait gérer directement des classes, ça sentait bon le hard-coding… Je m'y suis mis. Exit Dreamweaver et les pages usines à gaz et vive le <link rel='stylesheet'...>, l'ami.

J'ai très rapidement utilisé Notepad++, car la coloration par défaut du html, des js et du css me parlait bien, étant donné que je n'était pas un pur programmeur qui aurait pu plus naturellement jeter son dévolu sur un phpEdit ou d'autres éditeurs plus élitistes en terme de codage.

Et la spirale du logiciel libre m'a emporté :

  • OpenOffice pouvait déjà lire du .doc et du .xls et exportait en pdf, non mais t'imagines !
  • Sodipodi (sorte de cellule souche d'Inkscape) gérait le vecto et le png à merveille,
  • Notepad++ était doté de super plugins (dont un client ftp pour les modifs en ligne),
  • Gimp sortait des jpg optimisés et des gifs animés ultra-légers,
  • Audacity, Vlc et VirtualDub pour les découpes et conversion audio et vidéo faisaient très bien l'affaire,
  • et tout une kyrielle de petits utilitaires issus du monde libre, pardon du monde du logiciel libre, qui avait la grande particularité d'avoir des interfaces très moches, mais la grande qualité de ne faire que ce pour quoi il étaient conçus et de le faire bien ; et rien que pour ça je les aimais, et je finissais même par apprécier leur total dépouillement au niveau esthétique.

Pour résumer, même en production, sous Windows, j'ai toujours essayé de m'affranchir des grosses usines à gaz du type Adobe Web Production Suite, avec Illustrator, Photoshop, Fireworks (Fireworks que je n'ai jamais réussi à apprécier, d'ailleurs si quelqu'un se sent de m'en faire un éloge dithyrambique en commentaire, je suis preneur 😉 ) et Dreamweaver.
J'ai essayé au maximum d'éviter Flash, même s'il m'est arrivé de produire des swf (des bannières, des menus, quelques animations assez basiques) pour des clients qui voulaient absolument du Flash, béotiens !
Il m'arrivait, pour des questions de temps, de passer par Paint Shop Pro plutôt que par Gimp et son mode non fenêtré désagréable, car j'en maîtrisais parfaitement la version 7.

En bref, en production web sous Windows, je jonglais allègrement avec quelques rares logiciels commerciaux et de nombreux logiciels libres.

Alors, comment après 10 années de logiciels Windows (fussent-ils libres pour la plupart) passe-t-on du jour au lendemain à Linux ?

Ici, je dois remercier Steve Jobs, même si j'ai une aversion prononcée pour les méthodes commerciales et de production d'Apple en général, qui aura fait le forcing pour imposer le html5 au détriment du Flash. Merci.

Le plus dur pour moi a été de lâcher Notepad++ avec lequel j'avais des automatismes bien rodés depuis presque 10 ans, dont je connaissais la coloration syntaxique comme ma poche, et que j'utilisais en priorité dans la création de sites internet.

J'ai galéré pendant quelques jours avant de découvrir Geany et de l'adopter définitivement : il est génial, plusieurs sessions possibles sur plusieurs bureaux, un client FTP en plugin, un peu galère à installer, mais une fois installé, aucun problème, et une coloration syntaxique à laquelle je me suis habitué. J'avais bien essayé Bluefish, Komposer, Gedit (j'ai failli opter pour lui), jEdit (très similaire).

Une fois le problème de l'éditeur de texte réglé, tout le reste n'a été qu'une série de petits ajustements progressifs, de changements d'habitude qui se sont faits tranquillement.

Je passerai certainement à Debian au lieu d'Ubuntu dans quelques temps pour des questions philosophiques essentiellement, mais par rapport à Windows, j'ai gagné en stabilité du système, pas tellement en rapidité de production, quoique la gestion de gros fichiers images lag beaucoup moins sous Linux que sous Windows.

Finalement, quels sont les avantages à passer sous Linux ?

Plus j'utilise Linux, plus je m'aperçois que j'ai pris la bonne décision en décidant de basculer tous mes postes sur Ubuntu ou Debian. Car les avantages (je dirais volontiers les bénéfices) sont assez nombreux…

  • Plus besoin de payer 60 euros à Norton chaque année pour un anti-virus
  • Chaque petit problème à son logiciel en général (parfois un peu moche au niveau interface ou choix des icônes, mais efficace toujours, et c'est tout ce que je demande dans le fond)
  • L'installation de nouveaux logiciels via apt-get dans la console ou via la logithèque Ubuntu est super simple
  • Je travaille sur 6 bureaux différents régulièrement, parfois tous remplis et ça ne bogue pas ou ne rame pas (n°1 avec Opéra, n°2 avec pour Firefox, Filezilla, Geany, Gimp, Inkscape et Explorateur de fichiers, N°3 pour Chrome et Thunderbird, N°4 pour Explorateur de fichiers et OpenOffice, N°5 et 6 pour différentes opérations : conversion ffmpeg en console ou autre animations sozi, audacity, etc).
  • Quand une application plante (ça arrive), elle ne fait pas planter toutes les autres et on n'est pas obligé de rebooter systématiquement ou de jouer au piano le célèbre Alt+Ctrl+Suppr de Windows
  • Je peux même utiliser Skype (bon c'est un peu du sport pour l'installer, mais c'est complet). Au pire y'a Google Hangout en extension Chrome
  • Le fait d'avoir le /home et le /var sur des partitions différentes me permet de changer de version Linux quand je veux sans perdre mes données et préférences de programmes (mon localhost, par exemple)
  • Mon localhost sous lamp ne plante jamais (il a été très dur à paramétrer notamment pour les droits d'écriture pour WordPress, mais il tourne comme une fleur).

Que du bonheur ! Mais pour être totalement honnête, je me dois tout de même de mettre un bémol au tableau idyllique que je viens de peindre.

Je dois préciser que parfois, j'ai dû galérer avec certains paramétrages tout bêtes comme le son et les pilotes Alsa, pour mon nouveau Casque-Micro pour Skype, à trifouiller les paramètres, choisir le bon pilote, les bonnes entrées/sorties, pour que ça fonctionne nickel au final. Je passe aussi sur les grosses difficultés que j'ai rencontrées pour paramétrer mon serveur local Lamp avant de parvenir à créer le bon user avec les bons droits afin que n'importe quel WordPress puisse fonctionner. Et si je n'avais pas eu au départ une bonne compréhension de l'architecture Linux en général, je n'y serais certainement pas parvenu. Au moment de l'upgrade de version de la 13.04 à la 14.04, j'ai eu quelques sueurs froides, car pendant 3 ou 4 jours, je me suis retrouvé avec un système vraiment instable, des pilotes à l'ouest et des programmes jadis stables devenus totalement imprévisibles. Et puis, tout est rentré dans l'ordre après avoir fait le tri dans les sources apt, et supprimé quelques applis que j'avais installées à partir de sources tierces, applis que je n'utilisais plus et qui mettaient le waï dans mon système...

En conclusion, je dois quand même avouer que je ne retournerais sous Windows pour rien au monde, sauf si bien-sûr Robert Redford m'offrait un million de dollars pour cela...

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *